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L’AVARE raconte la tyrannie d’un homme, sa paranoïa, son égoïsme, le pouvoir qu’il exerce sur sa famille. Harpagon est un homme guidé par un comportement ambivalent. Il est mené par la peur de perdre ce qu’il possède, d’être démuni. Cela se manifeste par un grand besoin de conserver. Par ailleurs il a un désir d’amasser, de faire fructifier son bien, de « gagner plus ». Son refus maladif de partager le rend indifférent, incapable de donner de l’amour, de l’attention, de la reconnaissance à ses proches. En privant les autres de tout pour arriver à ses fins, Harpagon se prive lui-même de toute marque d’affection et se renferme dans sa névrose. Il trouve la jouissance dans le plaisir de posséder sans avoir conscience des conséquences que son égoïsme pathologique provoque.

Aujourd’hui, quelles technologies pourraient répondre aux névroses d’Harpagon ? 
Les dispositifs de contrôle des individus, grâce à la domotique, sont entrés dans l’espace intime. Chacun peut être maître de sa sécurité. Harpagon bâtit ses propres murs, étend ses propres barbelés électrifiés, filme les moindres mouvements, détecte les corps suspects…

ÉQUIPE ARTISTIQUE
Avec : Zoé Besmond de Senneville, Hélène Lina Bosch, Gautier Boxebeld, Jérémy Colas, Maréva Carassou, Guillaume Laloux//Nicolas Giret-Famin, Kimiko Kitamura, Jean-françois Sirérol
Coll.Artistiques : Nicolas Petisoff et Jérôme Faure
Scénographie : Damien Schamaneche
Réalisation et montage: Sandy Seneschal
Compositions et régie son : Grégory Joubert
Lumières : Christophe Lescurat//Cyril Hamès
Régie générale et dispositif video : Denis Malard
Régie plateau : Lucas Frankias
Costumes : Christine Ducouret
Assistanat : Hélène Lina Bosch

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TOURNÉE

Tournée en préparation pour 2018/19, nous contacter.

2017/18
8 novembre – Le Piano’cktail – Bouguenais (Nantes) – 20h
5 et 6 décembre – Théâtre Edwige Feuillère – Vesoul – 20h30
11 et 12 – Scène Nationale d’Aubusson – 20h30
22 février – L’Atelier à Spectacle – Vernouillet (Dreux)

2016/17
1er au 10 décembre – Théâtre Romain Rolland, scène conventionnée de Villejuif
10 mars – MCNA – Nevers
14 au 17 mars – Théâtre de l’Union – CDN du Limousin

2015/16
10 mars au Théâtre de Rungis
28 avril – Théâtre du Cloître, Scène Conventionnée de Bellac – 20h30
29 avril – Théâtre du Cloître, Scène Conventionnée de Bellac – 14h30

RÉSIDENCES DE CRÉATION
Octobre 2014 – Résidence au théâtre de Rungis
20 au 30 Avril 2015 – Résidence au Théâtre de Rungis
21 au 26 septembre 2015 – Résidence au Volcan, Scène Nationale du Havre
13 au 17 novembre 2015 – Résidence au CCYF – La Souterraine
23 au 30 novembre – 2015 – Résidence au Théâtre du Cloître, scène conventionnée de Bellac
4 au 8 janvier puis 30 janvier au 6 février – Résidence à La Chapelle Saint Louis – Rouen
16 au 23 janvier – Résidence à L’Étable – Beaumontel (Direction C.Hervieux-Léger/D. San Pedro)
22 février au 10 mars 2016 – Résidence au théâtre de Rungis

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NOTE D’INTENTION
Le personnage d’Harpagon symbolise un conservatisme tyrannique qui ne supporte pas la remise en question. Sa peur d’être dépossédé peut être interprétée comme le refus du changement, du mouvement, le refus de transmettre, de vieillir. Harpagon ne supporte pas le cycle naturel de la vie. À tel point qu’il est prêt à s’emparer de la jeunesse de son fils, Cléante, en lui dérobant sa bien aimée. Envisager sa propre sa mort, c’est envisager d’être dépossédé d’une partie de lui-même. Dans ma lecture de L’Avare, au delà de la notion d’avarice, il y a la notion d’héritage.

Le besoin obsessionnel de capitaliser, l’angoisse du changement, la peur de perdre son patrimoine sont les socles d’une vision conservatrice du monde, caractéristique de notre société contemporaine. Nous préservons notre héritage comme Harpagon caresse sa cassette. Nous sommes nous aussi traversés par ces sentiments ambivalents : nous jouissons de posséder tant de richesses et profitons du pouvoir que ces richesses nous procurent (ce que j’appellerai notre « esprit de supériorité ») ; et simultanément nous vivons dans l’angoisse perpétuelle de perdre ce patrimoine qui définit notre identité, ce qui explique notre difficulté à accepter le risque de la confrontation critique, du partage, de la transmission généreuse. Nombre de personnalités publiques argumentent sur ces thématiques afin de conquérir le pouvoir ou de conserver leur suprématie.

L’Avare, « classique des classiques », nous rassemble, toutes générations confondues. Ainsi, j’ai retrouvé dans la bibliothèque de mon arrière grand-mère les oeuvres que ma grand-mère, mère et moi avons étudiées et que les écoliers d’aujourd’hui découvrent toujours. Comment aborder ce patrimoine ? Nous connaissons tous la tirade de « la cassette ». S’emparer de cette oeuvre c’est, aussi, imaginer ce moment de communion, celui où la salle vibre, murmure à l’unisson le tube : « Au voleur, au voleur, à l’assassin, au meurtrier, justice, juste ciel… ».

L’Avare est avant tout une comédie de caractère. Chacun peut s’y reconnaître, identifier un proche, rire de ses propres travers. Je souhaite recréer cette jubilation de l’instant, donner à chacun les plaisirs de la comédie. Harpagon est un personnage célébré par le théâtre et le cinéma du monde entier. Mes premières recherches porteront sur ces questions : Comment s’affranchir de Molière, de Vitez et de Louis de Funès ? Seront-ils mes alliés ? Qui est l’avare aujourd’hui ? Le deuxième point qui animera mes recherches sera celui de la définition de l’avarice et des comportements sécuritaires qu’elle suscite. Quels sont les moyens mis en oeuvre pour protéger notre patrimoine ? Cela s’illustrera au plateau par un travail lié à la vidéo-surveillance qui traduira par l’image la névrose paranoïaque d’Harpagon. Ce dispositif participera pleinement au troisième axe de nos recherches, qui est celui de la comédie. Comment une famille épiée, surveillée, jugée et condamnée par avance peut-elle déjouer la tyrannie du patriarche et prendre le chemin de l’émancipation.

Nous nous attachons dans nos créations à mener une réflexion joyeuse sur des sujets sérieux. Les Primitifs, jouent avec les limites de l’instrumentalisation de nos peurs. Apprivoiser la panthère décrypte les mécanismes qui conduisent aux conflits identitaires. Mon petit guide en Croatie, titille notre eurosceptisisme. L’Avare nous donnera l’occasion d’interroger nos pulsions conservatrices. Conserver longtemps c’est risquer la dévaluation… Se retrouver dans une société menée par des convictions obsolètes qui ne seraient plus en phase avec la réalité d’un monde qui change irrémédiablement, avec ou sans nous.

EXTRAITS DE LA PIÈCE (TRR  Villejuif, configuration minimum).

 

EXTRAITS DES IMAGES DE VIDÉOSURVEILLANCE