CRÉATION 2019/20 COLLECTIF LA POURSUITE CO-ÉCRITURE
Idée Originale, mise en scène : Hala Ghosn
dramaturge associé : Ronan Chéneau Collaborateur artistique : Nicolas Petisoff
Avec : Hélène Bosch, Gautier Boxebeld, Darko Japelj, Kimiko Kitamura, Jean-François Sirérol.
Scénographie : Damien Schahmaneche Création sonore : Grégory Joubert Création visuelle : David Moreau

LA RÉVÉRENCE
Traduction de l’italien « Inchino », La Révérence raconte le naufrage du navire de croisière Costa Concordia en janvier 2012 sur les côtes de l’île italienne de Giglio.

NOTE D’INTENTION
La Révérence, c’est le nom de la manœuvre que font les paquebots lorsqu’ils naviguent au plus près des côtes. C’est un spectacle pour les touristes qui sont en mer et pour ceux qui sont à terre. D’un bord à l’autre ils se saluent, les yeux émerveillés par les lumières de la côte et les centaines de hublots illuminés. Cette manœuvre tous les bateaux de la Costa la faisaient. C’était une attraction, risquée certes, mais demandée autant par les touristes et la direction de la Costa que par les habitants des côtes qui profitaient eux aussi de ces passages.

Au delà de la tragédie humaine, le naufrage du Costa Concordia questionne la notion de responsabilité individuelle et collective.
Le Concordia transportait à son bord 4231 passagers et personnels de bord, officiers, matelots et hôteliers. 4199 sont revenus à terre. 32 personnes ont péri. On dénombrait 44 nationalités et presque autant de langues différentes. Si les premières minutes du naufrage, le commandant
semble avoir été pris de panique, celui qui, aujourd’hui est condamné à 16 ans de prison ferme, aurait, semble-t-il, ramené le paquebot sur les rochers avant d’abandonner le navire. Le Concordia n’a pas sombré, il s’est échoué. Cette manoeuvre, attribuée au “hasard chanceux” par certains, à la compétence du commandant pour d’autres, a sauvé des milliers de vies.
Un bateau de croisière est une micro-société, concentré d’une société marchande, d’une société de loisirs qui demande du spectacle.
Un paquebot est dirigé par un commandant qui a sous ses ordres un équipage très hiérarchisé. Bien que le commandant soit maître à bord, il doit respecter les injonctions de la compagnie qui l’emploie.
Quelle est la part de responsabilité des uns et des autres lorsque l’accident survient ? Pourquoi l’équipe de quart présente dans la passerelle n’a- t-elle pas relevé les incohérences de la préparation de la navigation, ni le rapprochement excessif de la côte ? Comment expliquer que cette même équipe n’ait pas pris les décisions urgentes, ou ait tardé à les prendre ? Le rapport décrit un commandant complètement inconscient de la gravité de la situation et un équipage qui suit passivement ses consignes… La Costa avait-elle expressément demandé au commandant de créer le “spectacle” en pratiquant cette “révérence” ? Pourquoi les preuves de cette demande ont-elles disparues ? Le commandant a-t-il réellement quitté le navire ? L’accident fatal est-il la responsabilité d’un seul homme ?
Tous ces éléments ouvrent des pistes d’écritures intéressantes à mon sens pour interroger la notion de responsabilité individuelle et collective. Notre interprétation de cette tragédie mêlera fiction, investigation et ouvrira un champ de réflexion philosophique.

COPRODUCTION ET PARTENARIAT EN COURS
Le Volcan, Scène Nationale du Havre, Théâtre Le Passage, scène conventionnée de Fécamp, Espace Marcel Carné, Le Rayon vert, scène conventionnée de Saint Valery-en-Caux…
Avec le concours de la DRAC Normandie et le soutien de Région Normandie et du Département de l’Essonne, de L’Éclat-Théâtre de Pont Audemer, du Théâtre de Rungis et de l’Étincelle-Rouen.